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Journal d'exposition - Eurydice dans le désert
Centre d'art contemporain de la Matmut - Daniel Havis
17/10/2026 – 07/02/2027
Galeries
Bienvenue au Centre d’art contemporain de la Matmut - Daniel Havis.
Né en 1978 en Iran, Esmaël Bahrani est un artiste de l’émotion par excellence. Diplômé de l’Université d’art et d’architecture de Téhéran, il quitte l’Iran pour Paris en 2015 suite à la pression du gouvernement face à son activité de street artiste et son engagement au sein de la jeunesse libertaire iranienne. Depuis son atelier, il garde de cette expérience l’adrénaline et l’urgence du geste, retranscrits sur ses toiles.
L’exposition Eurydice dans le désert, née de la complicité entre le Centre d’art contemporain de la Matmut – Daniel Havis et la galeriste Amal Rakibi, présente une rétrospective du travail d’Esmaël Bahrani : une invitation à partager la sensibilité et le regard créatif de l’artiste. À l’instar du mythe d’Orphée et Eurydice, les œuvres d’Esmaël nous invitent à une expérience sensible et corporelle, tant dans le processus créatif que dans la réception des œuvres. Chaque toile est pour lui, comme pour nous, une invitation à ressentir, à s’arrêter, à contempler, et à laisser l’art nous guider vers l’émotion.
Avec cette exposition, le Centre d'art contemporain de la Matmut – Daniel Havis poursuit son engagement en faveur d'une programmation qui privilégie des œuvres capables de questionner autant que d'émouvoir. Les peintures d'Esmaël Bahrani ne livrent pas un récit unique ; elles ouvrent un espace d'interprétation où chacun peut projeter sa propre histoire. Qu'elles évoquent la mémoire, la figure féminine, l'exil, la fragilité ou la résilience, elles rappellent que certaines émotions sont universelles. C'est dans cette capacité à toucher le visiteur, au-delà des contextes et des frontières, que réside toute la force de cette exposition.
©Elsa Criqui
Souvenirs d’Iran en un geste
À l'issue de sa formation à l’École d’art et d’architecture de Téhéran, le travail d’Esmaël Bahrani est rapidement censuré par la police des mœurs d’Iran. En réaction à cette interdiction il rejoint la jeunesse libertaire d’Iran et peint dans la rue, de nuit, des sujets dénonçant l’oppression du régime.
Suite à des menaces, il s’exile à Paris en 2015, où il passe de la rue à l’atelier studio. Il garde non seulement l’urgence du geste, intuitif et libéré empreint d’adrénaline, mais ses œuvres contiennent aussi le souvenir de son pays : un avenir soutenu par l’espoir mais menacé. Les couleurs et les matières brutes de ses toiles rappellent à cet effet les murs de Téhéran, ou le sable du désert à côté duquel il a grandi. Pour autant, l’émotion qui ressort de ses œuvres ne permet pas de les rattacher à un unique territoire : elles offrent une expérience universelle, entre souvenir d’un passé meurtri et (sur)vie de l’instant présent.
Corps sensibles
Le corps prend une place prépondérante dans le travail d’Esmaël Bahrani. Quand
l’artiste peint, il marche, court, danse, et vit corporellement son processus créatif. Dans un même temps, si ses toiles frôlent l’abstrait, elles dégagent aussi un rapport au corps. Étirés comme une ligne à l’horizon, barrant la toile, vaporeux, ces corps semi-figuratifs sont majoritairement féminins, aussi forts que fragiles. Deux corps sur la toile peuvent représenter leur impossible réunion, la soif d’union ou l’échec de l’étreinte, transformant les corps en cris. Si l’Iran est la source principale de son travail, le sujet du corps dépasse les frontières sous des thématiques liées au souvenir et au corps féminins : ils pourraient faire référence à sa soeur, restée en Iran ; à l’oppression des femmes autant qu’à la libération de leurs corps ; à la place des femmes dans la Mythologie, perse ou occidentale ; ou encore à l’opposition entre violences sur les corps des femmes et forme de vie qu’elles transpirent en enfantant...
2021, acrylique et sable sur toile, 130 × 100 cm - Esmaël Bahrani © Romain Darnaud
« Aujourd’hui quand je peins, je ne réfléchis pas, les pensées me viennent toutes seules, la Syrie, la guerre, la dictature. Je ne cherche pas à être politique mais ce sont des sentiments et des images qui me viennent car [elles] agi[ssent] directement sur nos vies »
Esmaël Bahrani pour la Galerie Amal Rakibi
Effets de couleurs, effets de matières
Esmaël Bahrani utilise surtout des couleurs inspirées de matières brutes : ocre, craie, sable, noir, gris, terres brûlées. À cette palette s’ajoutent parfois des couleurs vives comme le bleu et le rose, qui font surgir de ses toiles la poésie, la vitalité ou l’espoir.
Ces couleurs se mêlent à différentes matières, brutes elles aussi : cire, sable, grains, fibres, toiles de jute, pigments purs… La peinture devient dépôt et sédiment, rappelant les murs ou le sable du désert de sa ville natale. Les toiles sont couvertes d’épaisses couches de matières, que l’artiste gratte, scarifie, ponce, déchire, faisant apparaître des visages et des corps dans un environnement chaotique les corps qu’il ampute pour en souligner la fragilité.
2026, acrylique et sable sur toile, 170 × 175 cm - Esmaël Bahrani © Romain Darnaud
ZOOM SUR : LE PALIMPSESTE
Les toiles d’Esmaël Bahrani ont des airs de palimpsestes. Un palimpseste est un parchemin du Moyen-Âge dont on a gratté ou effacé la première écriture pour le réutiliser, laissant apparaître les restes du premier texte. Le palimpseste fait aussi référence à l'idée que la mémoire humaine garde des couches de souvenirs et d'expériences les unes sur les autres, ou qu’un paysage garde visuellement les traces de son évolution ou du passage de l’humain. Les toiles d’Esmaël Bahrani semblent avoir plusieurs niveaux de lecture : , couleurs et matières s’y superposent, elles gardent le passage des gestes de l’artiste ainsi que son expérience entre l’Iran et la France. Les frontières précises entre corps et présence du corps dans un environnement se brouillent ; et surtout, ces œuvres nous invitent à exprimer nos propres interprétations.
Souvenirs d’Iran en un geste
À l’issue de sa formation à l’école d’art et d’architecture de Téhéran, le travail d’Esmaël Bahrani est rapidement censuré par la police des moeurs d’Iran. En réaction à cette interdiction, il rejoint la jeunesse libertaire d’Iran et peint dans la rue de nuit, des sujets dénonçant l’oppression du régime.
Suite à des menaces, il s’exile à Paris en 2015, où il passe de la rue à l’atelier studio. Il garde non seulement l’urgence du geste, intuitif et libéré empreint d’adrénaline, mais ses oeuvres contiennent aussi le souvenir de son pays : un avenir soutenu par l’espoir mais menacé. Les couleurs et les matières brutes de ses toiles rappellent à cet effet les murs de Téhéran, ou le sable du désert à côté duquel il a grandi.
Pour autant, l’émotion qui ressort de ses oeuvres ne permet pas de les rattacher à un unique territoire : elles offrent une expérience universelle, entre souvenir d’un passé meurtri et (sur)vie de l’instant présent.
Visites en famille:
Samedis 24 octobre, 21 novembre, 19 décembre, 16 janvier, 6 février (16h30-17h30)
Visites commentées:
Samedi 7 novembre, 5 décembre, 2 janvier, 30 janvier (15h-16h)
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