Le Motard, poster

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Florent Lamouroux
L’impermanence de nos horizons

Centre d’art contemporain de la Matmut

27 juin – 27 septembre 2020

Bienvenue au Centre d’art contemporain de la Matmut.
Comme vous le savez, la crise actuelle nécessite des conditions particulières, pour votre sécurité et celle des salariés. Nous vous remercions de bien vouloir respecter les consignes et le parcours matérialisé. Ce guide vous accompagnera tout au long de votre visite, sous forme de 7 notions clés chez Florent Lamouroux : l’identité du moi, l’individu et le travail, le territoire et la nature, l’économie de moyens, le jeu, la résistance et la société de consommation.

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Qui est Florent Lamouroux ?

Né en 1980, Florent Lamouroux vit et travaille à Huismes dans le Centre-Val de Loire. Florent Lamouroux travaille les corps et les lieux. À partir de son propre corps qu’il met à l’épreuve dans ses divers procédés de création, il produit des sculptures, des photographies, des installations ou des performances dans lesquelles l’économie de moyens et le détournement tiennent une place prépondérante. Non sans ironie, il questionne notre rapport aux images, aux apparences et aux clichés par des réalisations qui mettent en scène des enveloppes corporelles clonées, des secondes peaux de plastique, des vêtements et revêtements porteurs de signes reconnaissables du premier coup par nos yeux de consommateurs imprégnés de codes sociétaux.

« Le monde est absurde. Il faut donc que je le sois encore davantage. »

Identité du moi

Autoproduction
« Mon art consiste à chercher en moi la partie de chacun qui s’y trouve. »

Le monde qui nous entoure est en constante mouvance et n’a de cesse d’avancer. Dans ce contexte, le corps humain chez Florent Lamouroux reste statique face au monde dans lequel il évolue. Les personnages d’Autoproduction ressemblent à des carapaces sans âme. Pourtant l’un d’entre eux est en vie. Il lutte et se dédouble, comme si son esprit cherchait à se détacher de ce carcan, mais même cette lutte semble figée à la manière des hommes et femmes de Pompéi. Le corps et l’esprit sont alors deux entités détachables représentant chacune deux parties d’une même personne : un « moi » artificiel, produit de la société que le philosophe Bergson appelait la « croûte », et un « moi » profond, vrai, libre et résistant.

L’individu et le travail

Toile « bleu d’ouvrier »

Selon Florent Lamouroux, identité et travail sont étroitement liés. Dans sa série d’autoportraits Casting, il incarne de nombreux métiers que l’on identifie selon les uniformes portés et réalisés en sacs plastique. Cette série nous montre que, contrairement à ce que dit le dicton, l’habit fait le moine. À chaque costume, on donne son lot d’archétypes sociaux. L’uniforme, le métier, caractérisent donc l’individu. Les figurines de l’œuvre Les ouvriers viennent conforter cette pensée car elles sont toutes composées d’un visage hyper réaliste, celui de l’artiste, elles ont donc une identité, et pourtant leur costume les ramène à leur activité. Le questionnement sur le sens de leur vie et leur place dans la société est légitime. Florent Lamouroux voit dans cette œuvre une métaphore de notre rapport au travail et une possible définition de celui-ci : le travail comme lieu où l’homme se fait et se crée lui-même.

Pourtant l’espoir renaît dans Toile « bleu d’ouvrier ». Ces portraits de travailleurs par leurs uniformes compressés dans du plastique démontrent que derrière le vêtement, il y a un homme. L’uniformité des bleus de travail est brisée par l’artiste qui leur attribue des teintes de bleu différentes comme pour montrer qu’il y a autant de nuances qu’il y a d’individus.

Casting, La trieuse Le sens de la vie, Les ouvriers

Territoire et nature

Territoire nomade : le zébra
« L’art c’est créer des bifurcations sur Le chemin balisé, quitte à se perdre.
Car la fin du chemin…
on la connaît tous. »

Florent Lamouroux s’amuse et questionne le paysage et le territoire. Comment se repérer et prendre place dans un environnement si notre univers est en perpétuel devenir ? Pour donner du mouvement aux routes, Florent Lamouroux a créé la série Territoire nomade, une série de projets développés depuis 2006 qui permet au bitume de se déplacer et d’occuper l’espace différemment. C’est non sans humour que nous imaginons ces éléments de circulation décider librement de leur position. Séparés de leur contexte, ils deviennent même des œuvres abstraites et minimalistes. C’est le cas pour Le Zébra : les marquages jaunes de travaux deviennent une montagne dont les cimes sont observées par le skieur de Casting. Elle n’est pas sans rappeler la montagne Sainte-Victoire, thème sujet à de nombreuses représentations de la part d’artistes tels Cézanne ou Picasso. Ici, Florent Lamouroux propose avec ironie un paysage sur une toile de goudron. La série Cartographie (rez-de-jardin), représente un paysage à la peinture bitumée et semble se questionner sur la place de la nature et de l’homme dans le territoire.

Cartographie

Économie de moyens

Contradiction
« Je préfère chercher à tout dire avec trois fois rien plutôt que de ne rien dire avec trois fois tout. »

Florent Lamouroux s’exprime principalement avec le plastique. Cette matière omniprésente dans le monde comme dans son œuvre est un symbole fort de la société de consommation. Il n’utilise que cette matière pour créer une économie de moyens, à contrecourant du consumérisme constant. Il nous offre même des versions plastifiées de son corps lorsqu’il crée ses personnages : en effet, il s’enferme dans des sacs-poubelle qu’il enrobe de ruban adhésif. Florent Lamouroux connait parfaitement cette matière qu’il travaille avec esthétisme, à l’opposé de la vision de détritus que l’on s’en fait. Ironiquement, Contradiction est un contre-pied à son travail lorsqu’il représente des tas de sacs-poubelle remplis réalisés en… céramique !

Le jeu

Le sens de la vien Le motard
« J’essaie de jouer avec le même sérieux que l’enfant lorsqu’il joue. »

Rappelant le jeu et l’enfance, l’univers artistique de Florent Lamouroux est souvent coloré et esthétique, avec un peps certain mais non dénué de sens. C’est avec humour et légèreté qu’il transmet son regard lucide et critique sur le monde. Comme une madeleine de Proust, le jeu dans l’art plonge le public dans sa propre enfance et crée un univers rassurant. Le Motard est d’ailleurs la représentation d’une figurine qu’il avait enfant. Il s’amuse de son motard qui avait perdu sa moto et est resté éternellement assis, bêtement, sans pouvoir s’adapter à aucun autre jeu. Ses personnages à taille humaine sont lisses et anonymes comme ces petits jouets souvent grossièrement réalisés. À l’inverse, quand il réalise de petits ouvriers, il leur donne un visage très réaliste. Ils sont comme de petits soldats de plomb réalisés en plastique. Quant à Casting, les photographies rappellent les envies de déguisement d’un enfant.

Résistance

Motif de résistance
« Résister au système c’est aussi pouvoir exister en tant qu’individu. »

La manifestation et la résistance sont deux notions intimement liées. Manifester c’est s’opposer et s’opposer c’est résister. Dans Motifs de résistance (rez-de-jardin), l’être profond semble s’exprimer librement à travers des figures de désobéissance. Toutes ces personnes forment une chorégraphie qui les rendent inséparables. Ils ne font qu’un et forment une figure esthétique, presque organique, dont la rigidité est palpable. Florent Lamouroux montre une autre facette de la résistance dans Le sens de la vie, Le motard et Les ouvriers. Les personnages de ces œuvres ont perdu ce pour quoi ils sont faits : le motard est assis sans moto et les ouvriers travaillent sans outil. Est-ce le corps qui, dépourvu de ce à quoi on l’a toujours identifié, reste bloqué dans sa position ? Ou bien est-ce l’esprit qui, privé de son outil, s’engage dans une forme de résistance pour faire valoir sa perte ? La résistance mène une fois de plus à la manifestation qui, avec Les ouvriers, prend la forme qu’on lui connaît le plus, celle d’un cortège de bras levés.

Motifs de résistance

Territoire et nature (suite)

Boule à neige (7ème continent) Third World

La nature, l’homme l’a involontairement envahie avec du plastique. C’est une conséquence indirecte de nos actes et de notre façon de consommer. Les Boules à neige sont remplies de petits morceaux de plastique que Florent Lamouroux a récupéré sur les bords de la Seine avant de les déchiqueter au mixeur. Ces témoins de la pollution actuelle envahissent un nouveau monde, de verre soufflé cette fois-ci. Malgré son esthétisme, nous ne trouvons que des paillettes de plastique dans ce paysage qui aurait dû nous faire rêver…

Société de consommation

Sèche-pleurs
« À chaque problème donné il y a une solution appropriée que seul la créativité peut révéler. »

À l’image du Pop art dans les années 1960, Florent Lamouroux porte un regard sur le thème de la société de consommation à travers plusieurs de ses œuvres. Les objets utilisés pour la série Sèche-pleurs, suggérés derrière une fine couche de plastique noir, tendu à l’extrême. Ils semblent surgir de notre torse et nous poussent à l’achat. Florent Lamouroux expose nos désirs, uniformisés par la société de consommation. Avec Back to black (rez-de-jardin), le corps de couleur noir pétrole se délite, il ne se transforme plus en poussière mais en particules de plastique tant nous sommes devenus des êtres de consommation.

Back to black

Identité du moi (suite)

La lutte acharnée du corps cherchant à s’arracher de sa peau se retrouve dans Déconditionnement comme un exorcisme pour révéler le « moi » mouvant des hommes. Ils tirent, déchirent… et s’extirpent ? Si nous ne sommes pas sûrs de la fin, Contre-performance nous en offre une vision : cette croûte, forgée par la société cède. L’autre « moi », celui qui veut suivre le rythme du monde, prend place.

Déconditionnement Contre-performance

L’exposition est dorénavant terminée, si vous avez besoin de renseignements supplémentaires, n’hésitez pas à solliciter le personnel du Centre d’art contemporain.
Merci pour votre visite et à bientôt.

L’équipe du Centre d’art contemporain

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